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Diaposives primées
- Plongeur d'or : Bernard Tobias
- Plongeur d'argent : Lundgren-Magnus

Edition 2006 : Papouasie-Nouvelle-Guillée !

Le palais des congrès qui héberge traditionnellement le festival est fermé pour travaux. Que cela ne tienne, toute l'équipe s'est pliée en quatre pour que le rendez-vous de cette année soit à la hauteur et reste un merveilleux moment de festivité. Avec la complicité de la Mairie d'Antibes, c'est sur le port Vauban qu'un vaste chapiteau a été dressé pour accueillir festivaliers et visiteurs.

Sommaire :

• Antibes au pays des Papous
• Des aires marines pour protéger
l’environnement marin ?
• Brèves
• Les quatre saisons
• L’OVNI de la mer

• Un show pour l'avenir
• Baleines en danger ?
• Une histoire simple
• Rolex girl
• Bons baisers de Russie
• Palme d'or
• Entre la terre et l'espace ...
il y a la mer !

• Réalisme anglais
• Un plongeur à la Maison Blanche


Election de miss plongée : le défilé a lieu sur scène mais aussi en bassin !

 

 


Photos : Yann Saint-Yves


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Des aires marines pour protéger l’environnement marin ?

Le traditionnel Forum pour l’Océan a réuni plusieurs spécialistes, vendredi 27 octobre, 10h, dans la salle Spondylia. Le thème abordé était l’intérêt ou non de la mise en réserve de zones marines.

Président du comité permanent du Conseil National de la Protection de la Nature, Christophe Lefèbvre est chargé par l’UICN (Union Mondiale pour la Nature) de proposer aux autorités françaises des zones susceptibles de servir de réserves.

Il a rappelé que la liste d’espèces d’animaux en danger ne cessait de s’accroître (16119 espèces menacées) et que la France ne disposait que de 0,01% de sa surface maritime en réserve, contre 7,5% pour l’Australie et 12,5% pour l’Equateur. Dans le monde, 5127 aires marines sont protégées, contre 100 000 aires terrestres, soit 0,6% de la mer protégée contre 10% de la terre, 10 % des récifs coralliens sont déjà détruits, 58 % sont menacés, 50 % des mangroves ont disparu en un siècle,200 zones marines sont mortes.... « Il nous manque une loi sur la mer, c’est la prochaine étape de notre combat. Pour avancer, il faut sensibiliser.»

Christian Decugis, pêcheur et prud’homme de pêche de Saint-Raphaël (une prud’homie qui existe depuis 1811), a évoqué les réserves en expliquant que les pêcheurs étaient loin d’être contre cette idée ! Au contraire, une zone du massif de l’Esterel a été mise en jachère sous l’influence des pêcheurs : une démarche inhabituelle et la seule existante à ce jour en France.

Nardo Vincente, spécialiste de biologie marine, a évoqué l’exemple de la Méditerranée et des 130 petites réserves qui la parsèment. L’effet réserve qui était nié au départ ne peut plus être ignoré désormais. Les géniteurs sont plus gros qu’il y a dix ans dans les aires protégées et la surpopulation se régule d’elle même, les animaux en surnombre se déplaçant et allant voguer dans des eaux non protégées… où ils se font attraper par des pêcheurs heureux ! A tel point que ce sont ceux-ci qui demandent d’étendre certaines réserves. « En aucun cas, il n’est question de mettre la mer sous cloche », mais de la faire vivre de manière consensuelle, avec tous les artisans qui y travaillent (plongeurs, pêcheurs, vacanciers…)

Pour Jean-Michel Cousteau, seules les preuves visuelles comptent et pour faire bouger les choses, il convient -d’après lui- de rencontrer les décideurs, tout en haut des chaînes gouvernementales et pas en discutant avec des sous-fifres. « Georges W. Bush est un ignorant des subtilités des lois ! Il ne savait même pas qu’on avait l’autorisation de pêcher dans les parcs marins américains ! »

Martine Carret

www.uicn.fr
www.uicn.org


Antibes au pays des Papous

Invitée d’honneur du 33e Festival, la Papouasie Nouvelle-Guinée a séduit avec ses couleurs bariolées et sa chaleur apportée du Pacifique Sud. Sur scène, comme sur grand écran, lors de la soirée inaugurale du mercredi 25 octobre.

Visages peints de noir et de rouge, agrémenté de jaune, de bleu et de blanc, les représentants du peuple Papou font sensation dans la foule qui se presse lors de la soirée inaugurale. Pagnes de fibre, coiffes bordées de plumes, torses nus, peaux dorées, ils déambulent dans les allées, pieds nus. Peut-être le public saura-t-il enfin, après cette soirée, que la Papouasie Nouvelle-Guinée est située dans le sud-ouest de l'océan Pacifique, au nord de l'Australie et à l'ouest des îles Salomon ? Peut-être découvriront-ils ce soir que les fonds sous-marins abritent l’un des plus beaux réservoirs de la planète ?

Avant de laisser parler les images (diaporama + film), l’ouverture du Festival se déroule sur l’écran géant du chapiteau dressé sur le Pré aux Pêcheurs.

Dans 16 langues, des paroles de bienvenue s’affichent, du japonais à l’hébreu, de l’arabe au russe. Daniel Mercier rappelle que si seules 16 langues défilent, elles correspondent néanmoins aux 55 pays qui participent au Festival, que ce soit en tant que concurrents ou détenteurs d’un stand.

La petite Sicilienne Giulia Allessandra monte sur scène pour présenter l’affiche officielle de l’édition 2006. C’est son dessin qui a été sélectionné et fait figure d’affiche. L’Ukrainienne Zhenya Sutyagina apporte celle de l’édition 2005. L’an passé, elle n’avait pu être présente. En 2007, on sait d’ores et déjà qu’il s’agira d’une pieuvre, dessinée par une jeune Roumaine.

Guy Poulet, co-fondateur du Festival prononce alors le discours d’ouverture. « 33 ans, c’est beaucoup plus que le tiers d’une vie. Daniel a porté le Festival sur ses épaules, durant 33 ans, tel le géant Atlas portant le Monde. 33 ans, c’est l’âge auquel le Christ a été crucifié… Heureusement, nous sommes déjà à 33 ans et quelques jours, le Festival franchira donc le Cap ! Le Festival ne peut pas s’arrêter : il a toujours été porté par des volontés enthousiastes durant toutes ces années. Demain sera une autre année, nous avons la volonté de perdurer. Le Festival ne baissera jamais la tête. »

Nul n’a jamais caché les difficultés inhérentes à la préparation de cette 33e édition. Programmé dans un premier temps pour se dérouler au Palais Acropolis de Nice durant la réfection du Palais des Congrès d’Antibes-Juan-les-Pins, le Festival est finalement resté à Antibes.

« Il a été plus difficile et plus compliqué que jamais à organiser, avoue sans fioritures Philippe Valette, président du Festival. D’habitude, nous remplissions le Palais. Là, nous avons d’abord dû construire le Palais, puis le remplir ! »

Résultat ? Un immense chapiteau de 4800 m2, installé devant les remparts de la vieille ville, avec vue sur le Fort Carré. Un soleil de plomb, un ciel bleu lagon, une mer paisible et séduisante… Un crû 2006 sympathique, bouillonnant, dans un cadre splendide, avec les palmiers, la Méditerranée et de somptueux yachts à portée de regard, amarinés dans le port Vauban.

Sous le chapiteau : 120 exposants, deux salles de projection, dont l’immense salle Spondylus pouvant contenir 800 personnes, la salle Spondylia en accueillant quant à elle 300.

Sur scène, intervient alors Richard E. Kassman, président d’honneur du Festival, qui se déclare honoré que son pays ait été choisi comme invité d’honneur : « Nous avons toujours attiré photographes et scientifiques, nous savons que nous disposons de très belles merveilles. »

Avant de les admirer sur grand écran, le député-maire Jean Léonetti, conclut avec force : « Le Festival fait partie des manifestations ancrées dans notre patrimoine. Le monde a besoin de rêve. Nous savons que ce Festival se déroulera à Antibes dans les années à venir, que notre partenariat sera plus fort que jamais ».

Martine Carret


Brèves

• Place aux images, mercredi soir, pour honorer la PNG, Papouasie Nouvelle-Guinée, celles de Tally et Lionel Pozzoli, précédées d’un diaporama (triptyque) préparé durant un mois par Raymond Sahuquet pour mettre en valeur dans un son et images coloré les images de Renza et Pierfranco Dilenge : « Un pays étrange et mystérieux, que je ne connais pas, avoue Sahuquet. Les Papous m’ont séduit plus que tout, plus que les images sous-marines, car la faune y est très riche, mais somme toute très semblable dans toute la Micronésie. C’est une destination exceptionnelle, mais qui, de par son éloignement, reste encore très chère et réservée à quelques privilégiés.»
Rascasse Merlet et minuscule hippocampe pygmée, raies manta et vols de raies léopard, poissons-feuille et ballet des anges royaux, empereur, à tête jaune…, gaterins et corail mou : de sublimes images, qu’on aimerait voir plus souvent.

• Vu dans les allées, fidèle d’entre les fidèles du Festival, le sémillant Albert Falco, toujours prêt à aller retrouver ses potes de la Calypso, dont André Laban. Interrogé inévitablement sur le devenir de son ancien bateau, il répond calmement : « Si on nous avait donné le titre de propriété, Calypso serait déjà remise en état ! »

• Impressions sur le vif après la projection vendredi 27 octobre du film du Japonais Okabe Satoshi « Equator, rivers of the sun ». « Il a une palme, c’est sûr », avance Yves Lefèvre. « T’as vu ces images ? Nom d’un p’tit bonhomme. J’aurai aimé les tourner. Fabuleux, sublime, magique… », lance son collègue, le cinéaste Christian Pétron (Cinémarine).

• Un stand qui a de nombreux adeptes : celui de Béatrice Berthon « Massage express ». Plongeuse, niveau III initiateur, elle vient à Antibes pour faire découvrir son activité (Acti-zen), mais aussi et surtout pour y retrouver des gens et un univers qui la fascine. « Il y a une partie intime dans le massage. C’est plus facile de masser quelqu’un qu’on connaît. »

• La plongée et le massage ont de nombreux points communs : la sensation d’apesanteur lorsque l’on sort de la séance, les musiques douces et envoûtantes qu’elle propose à ses clients pourraient s’adapter sur des films sous-marins.
La personne qui se fait masser le cuir chevelu, avec des baguettes de cuivre dont le manche est en palissandre, se retrouve entourée d’une bulle de silence. Une vraie plongée dans un monde de sensations uniques.
Seul bémol pour Béatrice : « J’ai trop de clients ! Je n’ai pas le temps de voir des films. »

• Séquence tendresse lors de la projection du film « When seahorses dance », de l’Allemand Udo Zimmermann (Bayerischer Rundfunk).
La parade nuptiale des hippocampes dégage une impression de plénitude absolue. Le couple d’hippocampes s’observe, se câline, se rapproche et s’éloigne, se caresse, entrelace ses têtes… Moments magnifiques, instants magiques, union exceptionnelle.
Les gros plans permettent de suivre toute l’étape de la reproduction : organisation et synchronisation des cycles reproducteurs, fertilisation des œufs, le mâle tombant finalement « enceint » et expulsant ses œufs. Mais sur les 1500 petits, très peu survivront.

• Dans 50 ans, 80% des récifs coralliens auront disparu, tout comme déjà 2/3 des poissons comestibles ont disparu. Le constat est triste. Et si l’on ajoute les 100 millions de requins tués chaque année ?
« La bataille du corail. Les sentinelles de la Grande Barrière », de Florian Guthknecht, a le mérite, malgré un scénario décousu, de poser le problème de la pollution mondiale qui met en danger tous les récifs de la planète.
Les gardiens du récif australien ont beau contrôler leurs zones, empêcher la pêche illicite, vérifier les cargaisons des pêcheurs, encadrer strictement les prélèvements pour l’aquariophilie, ils ne peuvent lutter contre les déchets rejetés par toute la planète. Mais l’état des lieux qu’ils établissent permet aux gouvernements de mieux cibler leurs efforts (pêche au gros, raclage des fonds, prélèvements/aquariums, quotas de pêche, coquillages…).
Ce documentaire a reçu le Prix Information Actualité.

• Surprise d’Alexandre Massarsky, cameraman au Leningrad studio of science films, ingénieur et inventeur des premiers appareils photo et caméra sous marines en URSS. Au détour d’une allée, il découvre une boîte étanche réalisée d’après ses dessins de l’époque (1955-60) : « Cela me rend très fier. Je suis particulièrement heureux si mes boîtes ont contaminé d’autres plongeurs. La partie la plus intéressante d’un tournage, c’est la construction d’appareillages de prise de vues !»

• « Quand j’étais petit, à Toulon, mon père, qui travaillait comme officier de marine, rentrait le week-end pour bricoler dans son garage. Il fabriquait des caméras lui aussi. Aujourd’hui, il serait jaloux de voir le matériel et la technologie qui sont à notre disposition : caméras HD, appareils à circuit fermé. Nous pouvons être très productifs, efficaces. On peut tourner longtemps, alors qu’avant la pellicule était limitée à 11 minutes». Dans la famille Cousteau, je demande le père, JYC, alias Jacques-Yves et le fils, Jean-Michel.

• Toujours émanant de Jean-Michel Cousteau : « J’ai offert récemment au président Bush une photo de son père en compagnie du mien. Il l’a regardée et m’a dit « Et bien, voilà deux pères qui peuvent être fiers de leurs fils. »

Les quatre saisons

Inédites images lacustres, qui changent des couleurs récifales habituelles, avec le très beau film de Florian Guthknecht « Les quatre saisons d’un lac ». Prix du documentaire animalier.

Au début du printemps, le lac se réveille de son long sommeil hivernal, toute la faune et la flore se remettent en activité. L’énorme femelle brochet (1m long) se fait courser par plusieurs mâles très entreprenants. La joute amoureuse est assez intrépide, et se termine la plus simplement du monde : elle libère sa frai, les mâles déposant leur semence.

Les alevins qui naissent dix jours plus tard vont entamer une lutte pour leur survie, les petits brochets étant des proies de choix pour les plus voraces de leur propre espèce.

Le lac se transforme au fil du temps, l’été, il fournit de la nourriture à tous. En automne, les feuilles tombent, pourrissent, l’eau commence à refroidir. L’homme vient y chasser les carnassiers.

Le cinéaste filme même un poisson qui n’a rien à voir avec nos latitudes, sans doute a-t-il été rejeté ici par un amateur d’aquariophilie, qui ne savait plus comment se débarrasser de cette bête devenue trop grosse pour sa cage de verre.

Le lac gèle et les poissons souffrent, vivent au ralenti, excepté le brochet et les écrevisses qui bougent sans cesse, alors que les carpes semblent dormir éveillées. Beaucoup meurent lors de cette étape douloureuse, où le manque de nourriture se fait cruellement sentir.

Puis vient la délivrance, l’eau se réchauffe doucement, la glace fond et le printemps ramène sa provision de clarté, de nourriture. Les oeufs éclosent à chaque coin du lac et le cycle de la vie reprend ses droits.


L’OVNI de la mer

Vendredi 27 octobre, 11 heures, l’architecte Jacques Rougerie présente son projet de vaisseau flottant habité : Sea-Orbiter.
D’emblée, le concepteur des « maisons sous la mer » avertit : « Sea-Orbiter est un engin de conception simple. En aucun cas, il ne faut innover pour le jeu de l’innovation. Et surtout pas lorsque l’on met en jeu la vie des gens ! »
Sea-Orbiter : un bateau scientifique de 51m de haut, placé à la verticale, avec une partie immergée (31 m), conçu pour dériver dans le Gulf Stream, même si des moyens de propulsion lui ont été octroyés pour maintenir le cap et le diriger.
Dix-huit personnes habiteront cette station flottante, dont le lancement est prévu en 2009 et qui nécessite un budget de 28 millions d’euros (conception + deux années de fonctionnement).
Plusieurs niveaux de vie et des stations de travail (scientifique, espace médical, communication, éducation…) sont prévus, comme sur un bateau à plusieurs ponts. Pour la sécurité, le mât et les antennes se replieront, permettant un hélitreuillage de secours.
Ce bateau sera « polyvalent et pluridisciplinaire », comme lors des grandes expéditions de XVIIIe siècle.

Martine Carret


Un show pour l'avenir

Avant la remise des prix, la fondation suisse Antinea créée -entre autres- par Ronald Menzel, a présenté samedi 28 octobre, un show multimédia de 28 minutes intitulé "Ocean Experience".
"Nous protégerons seulement ce que nous aimons. Nous aimerons seulement ce que nous connaissons." La devise d'Antinea est claire, simple et précise.
Sur l'écran du festival, des images sombres défilent: trafic des ailerons de requins, tortues mortes, pêche à la dynamite, suivies d'images plus colorées : poissons des tropiques aux livrées spectaculaires, baleines, dauphins... Des incrustations écrites marquent également les esprits : "80% de la pollution marine provient de la terre, des centaines de millions de litres de pétrole sont déversés chaque année dans la mer..."
"L'idée était d'offrir à un public le plus vaste possible la possibilité de découvrir la faune et la flore du monde sous-marin, explique Samuel Gardaz, attaché de presse de la fondation. Nous voulions montrer ce monde de manière spectaculaire et sonore, nous désirions frapper les esprits avec un écran panoramique de 15x5 mètres et un système de projection haute définition."
La projection d'Antinea est toujours effectuée en compagnie d'un groupe de musiciens londoniens, Kerr, qui se produit en direct.
Ce show multimédia est destiné à être dévoilé dans plusieurs pays lors d'expéditions qui se mettront en place dans les mois qui viennent (printemps 2007). Un ketch aurique de 32 mètres, "Fleur de Passion" sillonnera à cet effet la Méditerranée, avec à son bord des scientifiques du monde entier désireux de mettre à profit le voilier et ses équipements pour mener à bien leurs projets de recherche.
A chaque escale autour du bassin méditerranéen, l'équipage présentera aux populations locales une exposition photo intitulée "Océans, source de vie": 70 clichés montés sous la forme d'une vingtaine de pyramides de 2,5 mètres de haut. Une projection d'Ocean Experience sera également effectuée, ainsi qu'un duplex sous-marin (transmission vidéo en temps réel qui permet au public de voir, entendre et dialoguer en direct avec un plongeur sous-marin muni d'une caméra et qui filme les fonds).
Une centaine des plus grands réalisateurs et photographes sous-marins de la planète ont porté ce projet et offert leurs images, dont Pascal Kobeh, Kurt Amsler, Marc Debatty, Stan Waterman, Cat Holloway, Tom Campbell...
Un partenariat s'est noué également avec le Festival et à ce titre, la fondation mettra à disposition sa logistique et ses infrastructures pour que le Festival puisse projeter les films primés lors de chacune des escales de "Fleur de Passion".
 
Martine Carret

www.antinea-foundation.org
www.oceanica.net/duplex


Une histoire simple

Premier film projeté lors de la 33e édition : « La fin d’un mythe. Tutoyer les requins », de l’Allemand Ralf Kiefner (Ocean Pix Productions).

C’est l’histoire d’une rencontre. Une femelle requin-tigre et un homme. La femelle se laisse approcher sans broncher par l’apnéiste, qui, à force de persuasion, ose finalement caresser sa dorsale.

L’homme devient un « gros rémora » et réhabilite l’image du « plus redoutable des prédateurs marins ».

Après bien des cajoleries, la femelle requin-tigre se laisse même finalement nourrir à la main. On est loin, très loin des images féroces de frénésie alimentaire auxquelles nous avions été habitués dans les fictions. La femelle dédaigne vigoureusement l’homme et n’attrape que le bout de poisson qu’il lui tend. Avec précaution, comme si elle avait peur de le blesser.

Si le récit n’a rien de passionnant (commentaire minimaliste et basique, aucune information réelle…), quelques images sont saisissantes : que ce soit lors de l’épisode de dépeçage d’une carapace de tortue luth ou lorsque huit requins-tigres tournent autour des apnéistes venus les admirer.


Baleines en danger ?

"La course d'obstacle des baleines grises", par Jean-Michel Cousteau et Pamela Stracey. Prix du Public.

Sa migration est la plus longue de toutes les espèces de baleines existantes. D'Alaska où elles se gavent de nourriture, elles descendent vers la Basse-Californie pour s'accoupler ou donner naissance à leurs petits. 20 000 kilomètres ne leur font pas peur, à raison de 135 km/jour.
Les baleines grises n'ont pas de dents, elles mangent des amphipodes (ou gammares), animaux qui ressemblent à de petites crevettes aplaties. Ces amphipodes nagent au-dessus du substrat ou dans la végétation aquatique. Pour se nourrir, les baleines grises labourent les fonds et y creusent de profonds sillons.
Protégée, l'espèce n'est plus sur la liste des animaux en voie de disparition, même si l'on considère qu'un tiers de leur population a disparu.

Le film nous entraîne du lagon de Magdalena Bay, où elles se frottent sur le sable pour se gratter, à San Ignacio, le seul endroit au monde où les baleines grises se laissent approcher par l'homme.
Plus au sud, à Monterey, les orques les traquent. Un seul baleineau nourrit près d'une trentaine d'orques. Les saisons où les baleineaux sont nombreux sont celles où les petits subissent le plus d'attaques, comme si la Nature se chargeait d'empêcher une surpopulation. Un tiers des juvéniles ne survivra pas.

Entre 1999 et 2000, les scientifiques chargées de les recenser les ont trouvées très émaciées, moins nombreuses. Y avait-il un problème en Arctique?
Les baleines subissent de nombreuses agressions: prédateurs certes, mais aussi dégâts causés par l'homme. Elles sont affectées par tous les bruits qui sévissent sous l'eau, par les basses fréquences émises par les marines nationales du monde entier. Le réchauffement généralisé de la planète engendre la fonte des galces au pôle nord et la banquise recule. De 1999 à 2000, le manque de nourriture a causé la mort d'une grande partie de la population de baleines grises.
Chaque jour, alors que leur chasse est interdite et qu'elles devraient pouvoir vivre en paix, les baleines grises sont en fait de plus en plus menacées. Et nul ne peut stopper l'inexorable marche du "progrès".

Martine Carret


Rolex girl

L’Irlandaise Delia Ni Chlobain (22 ans) est la lauréate de la bourse Rolex, qui permet chaque année à un étudiant d’étudier les fonds sous-marins à travers le monde.

Pour Delia, il n’y a pas eu de choix. Dans son pays, l’Irlande, aucun cursus ne prévoit l’enseignement de l’archéologie sous-marine. Alors, elle a étudié l’archéologie, tout en passant son Dive Master Padi sur les côtes de son pays et en plongeant ici et là : Egypte, Irlande, Ecosse, Nouvelle-Zélande, Dubai.

Postulant auprès de la fondation Rolex, elle a été élue boursière de l’année 2007. Elle va désormais pouvoir voyager, rencontrer des archéologues, se former à leur contact. Elle ira « n’importe où du moment qu’il y a une épave, qu’elle quelle soit, où qu’elle soit, à n’importe quelle profondeur et de n’importe quelle époque ! »

Elle pourra alors officier en tant qu‘archéologue sous-marin. « Et puis, plus tard, quand je serai très très vieille, je voudrai devenir professeur pour enseigner ma passion. »

Martine Carret

www.owuscholarship.org


Daniel Mercier honoré

Jolie surprise en fin de remise des prix reçue par Daniel Mercier. Igor Potapov représentant Nicolas Merkuchkin, président de la République autonome de Mordovie, lance: « Daniel Mercier a allumé chez nous la flamme de la passion du monde sous-marin et de sa protection. C'est un personnage très célèbre dans notre pays. Longue vie à Daniel Mercier! ».

Il lui remet alors un somptueux cadeau: un coffret où trône la cathédrale de Saransk (capitale de Mordovie), consacrée à l'Amiral Ouchakov. Moine qui protège la mer devenu ensuite un saint. Outre l'icône de ce saint, le coffret contient également un baromètre et une  reproduction de la dague de l'Amiral.

Emu, Daniel remercie son interlocuteur: « J'ai consacré de nombreuses années à former des enfants: 5000 jeunes d'Antibes et de ses environs. Quand je suis allé à Saransk, j'ai vu que trois clubs de plongée y avaient été fondés. Et j'ai retrouvé l'esprit du Spondyle, le club que j'ai créé il y a plus de 30 ans. C'est le plus beau cadeau que je puisse recevoir: voir que d'autres prennent la relève et forment des enfants. »


Bons baisers de Russie

Intéressante expérience que de partager celle des pionniers russes et ukrainiens des années 60. Etaient invités par Daniel Mercier, Eduard Rozovsky, caméraman d’ « Amphibian man » (1961), Alexandre Massarsky, cameraman au Leningrad studio of science films, ingénieur et inventeur des premiers appareils photo et caméra sous marines en URSS (1956), ainsi que Vladimir Karpichev, chef-plongeur spécialiste au Yalta film studio et réalisateur de « Pirates au XXe siècle ». La soirée du jeudi 26 octobre était dédiée à leur ingéniosité.

Dans l’URSS de Staline, puis de Khrouchtchev, tout savoir technologique devait être gardé secret : la plongée était réservée aux seuls militaires et restait évidemment tabou !
« Chez nous, nous manquons cruellement de films de fiction, lance Daniel Mercier. Eux, dans les années 60, faisaient déjà de la fiction. »
Dans un pays où l’homme qui sortait de l’ordinaire était traqué par la police, envoyé dans des camps de rééducation ou condamné aux travaux forcés en Sibérie, ces cinéastes ont osé défier les autorités.
En 1958, débute le tournage de « L’homme amphibie ». Rien n’existe. Pas de palmes, pas de caméra, pas de caisson. Tous les appareils sont inventés au fur et à mesure. Les cinéastes apprennent que la couleur change lorsque la profondeur augmente.
Ils passeront 465 heures sous l’eau, en mer Noire, durant deux ans, allant à une profondeur maximale de 40 mètres pour réaliser « L’homme amphibie », l’histoire d’Ictiandre, un jeune homme d’une grande beauté, qui s’est vu greffer des branchies de requin par son père, médecin. Seul moyen de sauver d’une mort certaine ce jeune homme malade. Mais au fil de ses pérégrinations sous-marines, celui ci va croiser la route d’une jeune fille, forcée par son père à se fiancer à un pirate violent qu’elle n’aime pas.
« Dis, tu crois qu’il va se marier avec la dame, interroge Laura, 5 ans, pendant la projection. Elle est jolie !  Pourquoi son papa il a fait tirer avec un pistolet sur le requin ? » « Et pourquoi on l’appelle démon de la mer ? Il est méchant ? Mais il a sauvé la dame pourtant ?», questionne le blondinet Suani.
Les enfants se passionnent pour l’histoire, un tantinet à l’eau de rose, mais qui n’est pas importante en soi. C’est le défi de ces hommes qu’il convient de saluer et d’honorer, plus que la fiction racontée.
65 millions de Russes virent le film sous l’ère Khrouchtchev et la valeur de ce tournage reste entière : « Il y a 45 ans que nous avons entamé le tournage de ce film, rappelle l’auteur après la projection. Nous avons été influencés par Jacques-Yves Cousteau. Nous avions vu beaucoup de ses films. Impossible de rester sur terre après cela ! Il nous a tellement impressionnés, qu’il nous a donné la soif de connaître le monde sous-marin. Et malgré toutes nos difficultés, personne ne s’est noyé sur notre tournage ! Aujourd’hui, j’ai 80 ans, mais ce soir, en voyant ce film sur votre grand écran, je suis heureux, j’ai l’impression d’avoir fait quelque chose de ma vie. Merci à la France de m’avoir donné la chance extraordinaire de découvrir ce monde sous-marin.»

Martine Carret


Palme d’or incontestée

Les images du Japonais Okabe Satoshi « Equator, rivers of the sun » ont obtenu en toute légitimité la Palme d’Or du 33e Festival. Cinquante-deux minutes d’enchantement, cinquante-deux minutes de poésie visuelle dans un univers verdâtre, jaunâtre, noirâtre : les eaux troubles du fleuve Amazone.

Durant six mois, la plaine amazonienne se couvre d'eau. Les massifs des Andes déversent des torrents de liquide qui se répandent sur le bassin plat de l'Amazone et qui finissent par remplir les centaines d'affluents du fleuve géant, puis par déborder. Ainsi, en Equateur, naît la plus vaste forêt inondée au monde. La vie s'y est développée, au rythme des saisons, toute en contrastes: à la disette succède l'abondance, et toute sécheresse est suivie d'une période de crue.

Sous l'eau, dans cette forêt inondée, la vie s'est adaptée. Le jaguar a quitté son territoire, chassé par l'humidité et les inondations. Mais une incroyable vie fourmille sous la surface. C'est cette histoire que nous conte Satoshi Okabe.

Quelles images retenir de ce documentaire d'exception qui nous est venu du Japon? Les séquences de prédation sont particulièrement saisissantes. On imagine les trésors d'ingéniosité dont les cameramen ont dû faire preuve pour saisir au vol la sortie hors de l'eau d'un arowana, lançant dans l'air son mètre et gobant au passage un insecte imprudemment posé sur un tronc d'arbre. Idem pour un Copella arnoldi, dont l'accouplement est filmé à la perfection. Et pourtant, les conditions de tournage sont particulièrement compliquées: le mâle et la femelle sautent de concert sur une feuille d'un arbre où ils se reposent durant à peine trois secondes. La femelle dépose ses oeufs que le mâle fertilise.

Ils se rendront à plusieurs reprises sur leur feuille, avant que le mâle ne finisse par chasser la femelle. C'est lui qui veillera sur les oeufs durant deux jours, les aspergeant régulièrement en battant de sa nageoire caudale à la surface de l'eau. Des séquences particulièrement incroyables, qu'on imagineraient plus être visibles sous l’œil d'un microscope que sur un écran géant.

Inédites aussi ces images d'un poisson tambaki, qui casse les noix des hévéas à la manière d'un écureuil et qui ingurgite ainsi des réserves de graisse qui lui serviront en période sèche... Que dire encore des caïmans, des loutres de rivière, des lamantins ou de cet incroyable Pirarucu (Arapaima gigas), ce poisson doté d'écailles rouges, long de trois mètres et pesant 200 kilos? Une faune variée, méconnue, qui livre ses secrets au fil des 52 minutes de cet extraordinaire documentaire.

Martine Carret


Entre la terre et l'espace ... il y a la mer !

Bill Todd, responsable du simulateur pour astronautes dans l’habitacle sous-marin à la NASA, a présenté son projet NEEMO, vendredi 27 octobre.
Au large de la Floride, dans une cellule de 12x4m, les astronautes s’entraînent. La mer et l’espace ont de nombreux points communs : vie en espace confiné, environnement extérieur hostile, pas de retour possible immédiat, un centre de commandes externalisé, toute l’organisation des sorties doit être minutieusement préparée…
Dans la perspective d’un retour de l’homme sur la lune et dans l’éventualité de vols habités en direction de Mars, la Nasa a besoin d’un outil pour regarder vivre l’homme en milieu fermé.
Alors, sous l’eau, les hommes s’entraînent : marchent, disposent des structures métalliques, testent leur équilibre avec des scaphandres spéciaux, font bouger un robot… Un enseignement de premier plan qui est censé donner aux scientifiques des éléments sur le type de personnalités qu’il conviendra de placer dans l’espace.
Si en 1960, un seul homme, Scott Carpenter, avait vécu la double expérience mer-espace, ils sont aujourd’hui 13 à avoir partagé leur vie sous l’eau et dans l’espace.

Martine Carret


Réalisme anglais

Le documentaire de la BBC "Shallows seas" a reçu la Palme d'argent. Un film réalisé par Mark Brownlow et Alaister Fothergill.
Un tour du monde de la planète mer, au ras de la surface. C'est ce que propose ce documentaire signé par les Anglais de la BBC. Une fois de plus, leurs productions séduisent, à défaut de fasciner, pour ce documentaire somme toute classique, même s'il est très bien ficelé, monté et mis en rythme.
Si la plupart des images restent des classiques du genre: baleine à bosse et son petit en vadrouille, poissons coralliens, otaries ou dauphins coursant des bancs de sardines, plans d'hélico sur la spectaculaire Grande Barrière de Corail australienne, certaines séquences resteront dans les mémoires.
Sur un récif indonésien, une trentaine de serpents se déplacent de concert, chassant dans les moindres interstices des rochers. Accompagnés de carangues bleues et de perches, les serpents se faufilent à la recherche de leurs proies.
Quelques vues étonanntes également: une immense caravane de dugongs se déplace au ras de la surface. Combien sont-ils? 100? 200 peut-être... Etonnantes vues aussi d'une étoile de mer particulièrement vorace et d'une colonie d'oursins filmés en accéléré dans leur quête pour la nourriture.
Et puis, reste le summum: la beauté des séquences finales: 28 jours de travail, d'une patience infinie pour capturer au large de l'Afrique du Sud l'attaque fulgurante d'un requin blanc sautant hors de l'eau et tenant dans sa gueule une otarie. Des images exceptionnelles, qui méritaient bien cette récompense en argent.

Martine Carret


Un plongeur à la Maison Blanche

Le président américain Georges W. Bush a décidé de créer un parc marin totalement protégé de 362 000 km2. Sous l’impulsion de Jean-Michel Cousteau et de ses images.

Partant du principe que toute image vaut mieux que 1000 mots, Jean-Michel Cousteau a organisé en décembre 2005, avec des amis plongeurs de la Maison Blanche une expédition au large d’Hawaï. Ils ont été effarés de voir la pollution terrestre bafouer une nature pourtant vierge de toute civilisation.

Dans le sable, des tonnes de déchets datant des années 60, 70… sont collectées en strates et titilleront peut-être un jour les archéologues du XXIIIe siècle. Dans les estomacs des oiseaux, on découvre des jouets d’enfants en plastique, des briquets, des brosses à dent, des pinces à linge, des montres, des feutres… arrivés ici par le jeu des courants. Quand ce ne sont pas des ordinateurs, des téléphones portables, des téléviseurs… qui flottent au gré des vagues. Inutile de dire que les objets de plastique ingérés par les oiseaux causent leur mort par asphyxie.

Eloignées des hommes, les îles au nord-ouest d’Hawaï subissent pourtant l’influence humaine. Et d’une manière barbare ! L’homme a transformé l’océan en poubelle universelle de l’humanité.

Traumatisés par cette incroyable vision, à laquelle ils ne s’attendaient certainement pas, les plongeurs de la Maison Blanche ont organisé une projection privée du film tourné lors de ce voyage. Invités de marque, le président Bush et son épouse Laura. Deux heures « pendant lesquelles le président ne s’est pas endormi , certifie Jean-Michel Cousteau. A la fin de la projection, il a regardé son staff et les invités en déclarant : ‘’ Il faut faire quelque chose !’’ »

La projection avait eu lieu le 5 avril 2006.

Le 15 juin, Georges W. Bush, 43e président des Etats-Unis, annonçait la création d’une zone protégée autour d’Hawaï de 362 000 km2. Un parc marin plus vaste que tous les parcs nationaux terrestres américains.

Martine Carret

www.oceanfutures.org