Souffle compte double
Une sculpture en verre signée Samuel Cinquilli récompensera la meilleure
musique en concours.
| L’année 1962 a été témoin d’une drôle de rencontre entre Daniel Mercier et Jean-Pierre Cinquilli. Dynamique président du festival de l’image sous-marine d’Antibes, le premier cherchait déjà à l’époque à faire partager sa passion de la mer à ceux qui croisaient son chemin. Souffleur de verre, le second était novice en matière de plongée, mais il n’a pas dû être beaucoup poussé pour effectuer son baptême. Les paysages et la beauté du monde sous-marin se sont logiquement matérialisés sous ses mains dans cette matière magique qu’est le verre : « A partir de cette expérience, j’ai vraiment accroché et ai commencé a faire des poissons ». | ![]() |
Jean-Pierre Cinquilli travaille dans une grande verrerie jusqu’en
1988, année où il installe son propre atelier dans une ancienne bergerie. Il
y cultive ce contact si particulier qu’a l’artisan avec sa matière brute, cette
« osmose » comme il le dit avec ce rougeoiement qui danse au fond du regard.
« Nous connaissons bien cette matière, et nous pouvons ressentir ses changements
d’état au bout de la canne, comme si nous l’avions dans nos mains. Un jour l’installation
électrique a grillé et nous n’avions plus d’instrument de mesure nous donnant
la température du verre, mais sa consistance et notre habitude de sa fluidité
nous permettaient de nous en passer. Nous nous faisions une idée de la chaleur
à 4 ou 5 degrés près, alors que nous approchions une température de 1160 degrés
!»
Verrier passionné depuis son plus jeune âge, Jean-Pierre qui a transmis sa ferveur
à son fils Samuel et travaille avec lui depuis 1990, sourit : « Il est plus
figuratif que moi, qui tend plutôt vers un style Arts-Déco. Vers la fin de l’année
2000, nous avons ébauché des méduses, et cela plaisait à beaucoup de monde.
Persévérant dans cette voie, Samuel surtout et moi, avons amélioré le procédé
de fabrication, jusqu’à faire fabriquer des outils spécialement dédiés à cette
sculpture».
Le résultat impressionnant de ce travail de recherche aboutit à un emploi inattendu
: une de ces sculptures revient en 2002 à Daniel Mercier, qui la remettra au
compositeur musical qui aura été primé à ce 29ème festival de l’Image Sous-Marine
d’Antibes…
Yann Saint-Yves