Un crû savoureux
Des gagnants heureux mais peu prolixes, des films à déguster sur
grand écran, tranquillement. La remise des prix connut, comme à
l'habitude, de grands moments d'émotion.
La soirée de remise des prix du samedi 2 novembre 2002 débute
par un hommage de Daniel Mercier à son ami de toujours, le commandant
Philippe Tailliez, récemment disparu. Un immense portrait en noir et
blanc montrant les deux hommes illumine la scène de toute son émotion.
A l'unisson, la salle se met debout, dans une "standing ovation" impromptue.
Puis vient le temps des récompenses.
Rien n'est plus classique qu'une cérémonie de remise des prix.
Les uns viennent chercher leurs prix, d'autres les distibuent, dans un va-et-vient
incessant.
Cette année, les nombreux vainqueurs étrangers n'étaient
pas présents pour recevoir leurs prix. Mais quelques intervenants ont
su apporter une touche de sympathie dans ce défilé, où
l'on a énormément regretté que les vainqueurs ne soient
pas capables de glisser quelques mots pour décrire leur oeuvre ou pour
exprimer leur contentement.
Président du jury photos couleur et noir et blanc, le Canadien Michel
Gilbert était, en 2001, l'un des invités prestigieux de cette
édition dédiée à son pays. Il a tenu à spécifier
quelques directives aux futurs concurrents: "N'hésitez pas à
innover, à nous présenter des choses inhabituelles. Nous avons
besoin de voir des images inédites. Osez!" Et soyez récompensés???
Producteur de la série documentaire "Cités d'Orient",
Ahmed Baha Eddine Attia, président du jury des films groupe A, a expliqué
de quelle manière s'était dessinée la Palme d'or: "Tous
les membres du jury avaient sélectionné en secret cinq films.
A la fin du visionnage de toutes les bobines, nous nous sommes concertés.
Nous avions tous choisi les mêmes cinq films. Ensuite, il y a eu des discussions
pour déterminer l'ordre dans lequel ils allaient gagner, mais nous étions
unanimes, devant la qualité professionnelle des images, et devant le
niveau des connaissances marines indéniables des auteurs. Le verdict
que nous avons été amenés à prononcer l'a été
de façon unanime là aussi."
Et lorsque le nom de Peter Basset et Michael Bright, auteurs de "Shark
Battelefield", film de 59 minutes tourné pour la BBC History Unit,
nul n'a été surpris, tant la qualité de leur film était
évidente. Et ce soir-là, aucune contestation n'a rententit...
Texte: Martine CARRET
Photos: Yann SAINT-YVES