Entretien avec Daniel MERCIER

Daniel Mercier n'a rien perdu de son franc parler. Fondateur charismatique du Festival d'Antibes, le président de la cérémonie se prête au jeu du Questions-Réponses entre une remise de trophées souvenirs et un vin d'honneur:


Yann Saint-Yves: Vous semblez très sollicité !
Daniel Mercier : Au début du festival, il y a 28 ans, c'est moi qui faisais la bouffe ! Aujourd'hui, les choses ont un peu changé... l'organisation s'est étoffée !

YSY: Le festival est devenu une sorte d'institution, comment cette saga a-t-elle commencé ?
D.M: Je cherchais à réunir des hommes sans notion d'appartenance, je ne veux pas de carte de membre ou de fédé! Je ne veux que des hommes, des idées. Ils viennent ici sans étiquette. Comme lorsque toutes les religions cohabitent ensemble, harmonieusement... L'oecuménisme dans le monde de la plongée ! Au fil des années, Antibes est devenu la cathédrale de la plongée et de ceux qui veulent célébrer la mer.

YSY: Anglophone et francophone, le Canada est l'invité privilégié du festival cette année. Une manifestation de plus en plus internationale, au sens vrai ?
DM: Il y a maintenant plus de 50 pays participants ! Il y a une quinzaine d'années déjà que nous avons autant de monde. Quand nous avions commencé il n'y avait aucun photographe ou vidéaste sous-marin. Antibes a permis de donner naissance à un courant de professionnels méditerranéens.


de gauche à droite :
A. Laban, J.M. Cousteau, D. Mercier, C. Pétron.

YSY: Vous restez très accessible, pour un président.
DM: Toutes les grandes pointures ont commencé petit, mais ici, ils laissent de côté la célébrité et moi, je veux rester accessible. Logiquement les amateurs sont mis en avant : leurs photos sont exposées, leurs vidéos sont diffusées, et des récompenses viennent saluer leurs travaux.

YSY: Vous semblez réellement passionné !
DM: Passionné, non. C'est plutôt une conviction. Conviction que le monde sous-marin doit sortir et s'exprimer au grand jour, hors de tout carcan fédéral ou autre. Je veux mettre en exergue la connaissance du milieu marin, et provoquer la curiosité envers cet univers.

YSY: Pour l'avenir avez-vous des projets ?
DM: Hou ! Plein ! Je travaille à la mise en place d'une "randonnée palmée", qui montrerait le milieu marin aux participants. L'équipement serait minimum, PMT, et l'encadrement assuré par un guide qui éveillerait la sensibilité des gens aux beautés sous-marines.

Dans un sourire esquissé dans sa barbe, plus blanchie par le sel que par l'âge, Il ajoute avec modestie: "Je crois que j'ai réussi".

Propos recueillis par Yann Saint-Yves.